Le 2 décembre 2020, s’est tenu le premier comité de pilotage du projet Cycloasis. Cet arrêt sur image, qui a réuni autour de la maîtrise d’ouvrage les partenaires financiers, techniques, ainsi que des invités*, visait à mesurer le chemin des 6 premiers mois d’expérimentation, faire les ajustements nécessaires et préciser le calendrier des prochaines étapes.

Mais tout d’abord, un bref rappel des objectifs du projet Cycloasis : limiter les rejets de la construction et de la vie ménagère ; optimiser la mise en place des murs végétaux sur l’habitat ; modéliser ces îlots de fraîcheur et mesurer leur impact sur la biodiversité et les températures du site. Un site internet est dédié au projet http://cycloasis.fr/ Vous y trouverez tous les comptes rendus et rapports détaillés de chacun.

Le projet Cycloasis se veut à la fois scientifique, technique et sociétal.

-> Sociétal, parce que son objectif est de faire en sorte que ces murs végétaux vivent dans le temps. Les futurs habitants prendront en charge leur entretien. Ils sont donc impliqués dans son élaboration et contribuent très largement à ses différentes phases (coordination technique, inventaire de la biodiversité…). Un rôle central qui s’ajoute au fait que le groupe est le maître d’ouvrage de l’opération.
-> Technique, parce que l’implantation des murs végétaux, leur système de récupération des eaux grises, le stockage des urines issues des toilettes sèches ont demandé à l’équipe de maîtrise d’œuvre, Nathanaël et Julie Fouquet les architectes du projet Casalez, de faire des adaptations pour intégrer l’ensemble du circuit de récupération des eaux grises, des toilettes et douches aux systèmes d’arrosage sur les murs végétaux, en passant par les zones tampon de stockage en sous-sol.
-> Scientifique, dans la rigueur avec laquelle le protocole a été conçu et mis en place.
Dans le souci de s’assurer qu’à chaque étape de son évolution, le projet est toujours conforme à la réglementation sanitaire et environnementale.
Dans les tests réalisés sur le site d’Ecosec à Montarnaud… Quels systèmes de fixation des cages végétales sur la paroi, quels substrats choisir sphaigne, compost… quelles espèces de plantes choisir selon l’exposition cardinale (76 espèces ont été testées), leur compatibilité les unes avec les autres (ombre, croissance plus ou moins rapide), leur impact sur le microcosme (attrait d’une faune plus ou moins appréciée – guêpes, escargots, grenouilles, papillons…), leur esthétique (des fleurs en été), leur résistance aux variations de température, quels concentrations en urine des eaux, quels réglages pour l’arrosage…


Dans l’élaboration des outils informatiques et matériels de mesure, dans le traitement des données collectées, dans la qualification des phénomènes physiques générés par les murs végétaux et leurs interactions avec l’environnement… Capteurs, station météorologique et autres points de mesures auront donc contribué à tester le matériel de pilotage. Le contexte de cette première phase test (murs situés sur des caissons métalliques, plus ou moins isolés par exemple) montre sa relativité. Les mesures qui seront réalisées sur le site de Casalez (inertie des murs bois/paille) produiront inévitablement d’autres résultats, tant sur les parois végétales que sur l’impact de ces dernières sur l’intérieur du bâtiment.

On peut ressentir comme un certain vertige au regard de toute la technologie mobilisée par le projet. Dans sa version installée, il ne devrait cependant exiger que très peu de matériel : filtre à sable, système d’irrigation simple et l’attention de ses habitants comme le ferait tout bon jardinier.

La prochaine phase du projet est celle de l’intégration du projet in situ, probablement pas avant le printemps 2022. Un travail important de coordination avec l’équipe de maîtrise d’œuvre est à prévoir pour accueillir le plus tôt possible l’installation des murs végétaux et les équipements de monitoring, et faire dès maintenant les adaptations techniques nécessaires.

*Voir liste des membres du comité de pilotage http://cycloasis.fr/nos-actus/#phase1
(rapport sur les activités des phases 1 et 2)
Pour rappel :
Maîtrise d’ouvrage : Lezcoop
Architectes, maîtres d’œuvre du projet d’habitat participatif : Nathanaël et Julie Fouquet, Montpellier
Co-financement : programme Nowatt de la région Occitanie
Consortium scientifique : Ecosec, Ecofilae, Surya